Le village caché d’Agongointo

Le saviez-vous? Le site d’Agongointo représente le seul site archéologique d’Afrique de l’ouest. Il est composé de maisons souterraines appelées Ahouando (qui signifie « trou de guerre » en Langue Fon). On retrouve environ 1600 maisons du genre sur l’ensemble du plateau d’Abomey, mais à Agongointo, on en dénombre 56.

Ces maisons ou abris souterrains servaient une stratégie de guerre bien définie. A l’époque où AGADJA régnait sur le Danhomè (1711 – 1742), ces abris ont servi pendant plusieurs guerre, notament celle opposant le Royaume du Danhomè au Royaume d’Oyo. Ces maisons existeraient depuis le règne de DAKODONOU

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Ce lieu assez singulier mêle à la fois histoire, art de la guerre ainsi que certaines croyances vodoun. Encore inconnu du grand public béninois, ce site est ouvert depuis 2009 et attire déja quelques touristes étrangers ainsi que quelques centaines d’élèves au cours d’excursions scolaires.

L’Abri de référence

La visite du site à proprement parler commence par l’Abri de référence. Lors de la construction de la route qui jouxte le site en 1998, une des machines s’affaisse dans le sol. L’on finit par se rendre compte que le trou était l’oeuvre de l’homme et de fil en aiguille ce site fut découvert. L’Abri de référence désigne tout simplement la première maison découverte, celle dont la pièce principale a cédé sous le poids de la machine de chantier. À l’époque l’entrée mesurait environ 1 mètre de diamètre. Aujourd’hui cela à bien changé.

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À la place de ce grand trou, était la pièce principale de l’abri de référence. On y apperçoit l’entrée d’une autre pièce.

La salle d’exposition

Cette salle regorge de vestiges récoltés dans les maisons souterraines du plateau d’Abomey. On y retrouve des poteries à usages multiples. Elles servaient à contenir des céréales ou de l’eau et pouvaient même être utlisées comme fermeture de tombe. Des rouleaux de cuivre brut ayant servi de monnaie d’échange lors d’un troc avec les portuguais, et un collier ayant servi de monnaie avec les italiens. Quelques armes et outils y sont exposés. Un sabre ou encore une tuyère (servant à la transformation du fer) y sont également visibles.

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Le mythe des guerriers fantômes

AGADJA a toujours forcé mon admiration à cause des tactiques guerrières que ce dernier employait. Il était créatif dans sa façon de faire, mais également performant. Ces abris souterrains en sont un exemple. À l’approche de l’ennemi, les soldats Danhomènous se cachaient dans ces abris pour en ressortir par surprise et capturer ou neutraliser l’ennemi. Cette technique est assez ingénieuse car elle témoigne d’une préparation minutieuse et d’une connaissance du terrain remarquable. À l’époque, les armes à feu n’étaient pas utilisées. Les combats se faisaient au corps a corps à l’aide d’armes de poing (couteaux, sabres etc..). Cette technique permet tout simplement d’appréhender l’ennemi de facon relativement aisée. Le fait de disparaitre de la vue de leurs ennemis, et de réapparaitre comme par magie leur vaut à juste titre le mythe de guerriers fantômes.

L’autel de Dan

Sur le site, un autel vodoun est présent. Il s’agit là de Dan, une divinité symbolisant la prospérité. Cet autel est particulier car deux arbres se livrent un combat depuis des décénies. Un fucus étrangleur éssaye d’étouffer un baobab, mais ce dernier, solidement amarré à quelques 60 mètres de profondeur et fort de son tronc robuste ne plie pas. Il casse les branches du fucus dans son évolution et empêche ses racines de s’installer convenablement dans la terre. En réponse à cela, le fucus développe des racines aériennes qui viennent replonger dans le sol. Denis, le guide en vient à la conclusion que ces derniers cohabitent car depuis toutes ces années, personne ne semble abdiquer.

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Maison Mindémian

Cette maison est la seule que vous pourrez visiter. Mindémian signifie tout simplément que l’entrée de la maison est interdite à toute personne portant des vêtements de couleur rouge. Euh pourquoi cela? Tout simplement parce que cette maison est protégée par une divinité qui l’impose. Cet abri souterrain composé de 3 parties permet aisément de se faire une idée de comment les guerriers pouvaient s’en servir dans le temps. Plongés dans le silence, et l’obscurité ces derniers ont du s’adapter à l’environnement pour parfaire leurs techniques de guerre. 

Hormis cette maison, on en retrouve plusieurs autres éparpillées sur le site, mais dont l’accès n’est pas autorisé. 

En dehors de ces maisons, le site possède un temple vaudoun dédié au dieu Tohossou, une aire de jeu pour les enfants, un jardin aux papillons pour préserver quelque peu le fragile écosystème et des oeuvres d’art exposées à certains endroits. Outre le coté pittoresque de ce vilage souterrain, les guides et autres responsables des lieux éprouvent quelques difficultés en ce qui concerne l’entretien et l’aménagement de l’ensemble du site. Cela explique en grande partie pourquoi certains endroits comme le jardin aux papillons ou encore de nombreuses maisons demeurrent interdites d’accès.

En dépit du fait que ce site illustre le génie militaire du Danhomè, il fait office de pionnier en matière d’archéologie ouest africaine. Il permet également d’ouvrir une page de plus dans l’histoire du fameux royaume du Danhomè. Si comme moi vous vous posez la question de savoir « pourquoi ce site a échappé à la connaissance de tous? », c’est en grande partie parce que l’histoire du « Dahomey » telle que nous la connaissons aurait été écrite par le colon.

Pour accéder au site, arrivé à Bohicon, il vous faudra demander votre chemin jusqu’au Motel Fifatin situé plus ou moins en face. Le prix d’entrée est de 500FCFA (0,76 cts d’Euros) et pour les papparazzis, un droit de photographie de 500FCFA vous sera demandé en plus.

Si vous n’avez pas encore visité le village souterrain d’Agongointo je vous le recommande vivement. Si vous y êtes déja allé, partagez donc votre expérience en commentaire!


7 réflexions sur “Le village caché d’Agongointo

    1. Exprès, pas vraiment. J’ai tout simplement développé les aspects qui me parlaient le plus. Mais l’aspect architectural reste néanmoins un point très intéressant à connaître pour pouvoir mieux apprécier le génie dahoméen de l’époque! 🙂

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